Comédie et tragédie classiques : le texte avant tout
La comédie classique
- Caractéristiques :
Écrite en vers ou en prose.
Se termine bien, destinée à faire rire.
Met en scène des personnages de basse condition ou petits bourgeois.
Objectif : dénoncer les travers de la société.
- Molière (1622-1673), maître du genre :
Les Précieuses ridicules (1659)
Le Tartuffe (1669)
Le Bourgeois gentilhomme (1670) – comédie-ballet (avec musique et danse)
La tragédie classique
- Caractéristiques :
Écrite en vers, personnages nobles.
Cherche à émouvoir et conduit à la catharsis (purification des passions).
Fin malheureuse, souvent tragique.
- Règles strictes :
Vraisemblance : crédibilité de l’intrigue.
Bienséance : pas de violence, ni de scène choquante.
Trois unités (Boileau) : « Qu’en un lieu, en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli ! »
Unité de temps (24h)
Unité de lieu (un seul décor)
Unité d’action (intrigue principale).
- Racine (1639-1699) :
Andromaque (1667)
Phèdre (1677)
- Corneille (1606-1684) : créateur de la tragi-comédie (Le Cid, 1637) : intrigue tragique mais fin heureuse.
Remise en cause et nouvel élan
Le drame bourgeois (XVIIIe siècle)
- Caractéristiques :
Met en scène bourgeois, valets et servantes.
Dénonce les inégalités sociales tout en restant divertissant.
Mélange comédie et critique sociale.
- Auteurs majeurs :
Marivaux (Le Jeu de l’amour et du hasard)
Olympe de Gouges (L’esclavage des Noirs)
Beaumarchais (Le Barbier de Séville, 1775, Le Mariage de Figaro, 1784)
Le drame romantique (XIXe siècle)
- Caractéristiques :
Abandon des règles classiques (adieu aux trois unités et à la bienséance).
Place centrale du héros.
Contexte historique marqué.
Mélange des tons : sublime et grotesque.
- Victor Hugo (1802-1885), chef de file :
Hernani (1830) : pièce-manifeste du drame romantique
Ruy Blas (1838)
Citation : « Le théâtre est un point d’optique. Tout ce qui existe dans ce monde, dans l’histoire, dans l’homme, tout doit et peut s’y réfléchir. »
Le théâtre de boulevard (XIXe – début XXe siècle)
- Caractéristiques :
Comédies légères avec rebondissements.
Met en scène la bourgeoisie, avec des intrigues sentimentales et financières.
- Auteurs majeurs :
Feydeau : Un Fil à la patte (1894), Le Dindon (1896)
Le XXe siècle : entre crise et renouveau
Le théâtre de l’absurde (XXe siècle)
- Caractéristiques :
Perte de repères : intrigue floue, personnages sans psychologie.
Langage appauvri et répétitif.
Réflexion sur l’absurdité de l’existence.
- Auteurs majeurs :
Samuel Beckett (En attendant Godot, 1952)
Eugène Ionesco (La Cantatrice chauve)
- Influence du contexte historique (deux guerres mondiales, crise existentielle).
Le théâtre contemporain : entre poésie et engagement
- Expérimentations sur le langage et nouvelles formes scéniques.
- Metteurs en scène : deviennent des figures clés (ex. : Peter Brook, Ariane Mnouchkine).
- Auteurs majeurs :
Jean Genet
Jean-Luc Lagarce
Bernard-Marie Koltès
Valère Novarina
Joël Pommerat
Wajdi Mouawad
Conclusion : une évolution constante
- Repères chronologiques :
Classicisme (1660-1700) : règles strictes (Racine, Molière)
Drame bourgeois (1730-1800) : critique sociale (Beaumarchais, Marivaux)
Drame romantique (1820-1850) : liberté et émotion (Victor Hugo)
Théâtre de boulevard (1870-1910) : comédie populaire (Feydeau)
Théâtre de l’absurde (1950-1980) : crise du langage et des repères (Beckett, Ionesco)
Le théâtre est un art en perpétuelle mutation, influencé par les époques, les idéologies et les innovations scéniques.