- Le chômage de masse qui se développe depuis la fin des années 1970 vient menacer la protection et la reconnaissance fournies par le travail.
- Bien que l’expérience du chômage varie selon les ressources familiales, amicales, scolaires et selon le montant d’indemnisation que perçoit la personne au chômage, il reste perçu négativement car il marginalise les individus.
- Le chômage est un facteur de pauvreté puisqu’il diminue les revenus obligeant l’individu à modifier ses dépenses.
- Il est alors difficile pour cet individu de continuer à acheter selon les normes de consommation propres au groupe social auquel il appartient.
- L’individu s’éloigne alors des normes de consommation propre à son groupe social d’appartenance.
Ainsi, l’expérience du chômage est marquée par l’affaiblissement des liens sociaux.
- Serge Paugam décrit ce mécanisme : la rupture progressive des appartenances a des conséquences sur toute la construction identitaire amenant la perte d’estime de soi et la stigmatisation.
Le sociologue appelle ce phénomène : le processus de disqualification sociale.
- Ce mécanisme, mis en lumière pas Serge Paugam, montre aussi que l’expérience du chômage est liée aux représentations qu’en donnent les politiques sociales.
- Les politiques de retour à l’emploi cherche à maintenir un taux d’activité élevé et favoriser un retour rapide à l’emploi.
- Cependant, ces politiques peuvent justement fragiliser le rôle intégrateur du travail.
- En voulant éviter l’allongement du temps de chômage pour un individu, elles peuvent avoir deux effets négatifs :
donner une représentation négative du chômage ;
pousser les individus à occuper des emplois peu valorisants.
- Les formes atypiques d’emploi se sont développées pour permettre aux entreprises de faire face à la volatilité de la demande et afin de résorber le chômage.
- Ces formes correspondent à une plus grande flexibilité dans la quantité de facteur travail employée.
- La flexibilité de l’emploi renvoie à :
une mobilité professionnelle accrue (les individus alternent chômage et emplois) ;
la flexibilité horaire ;
la variation des tâches de travail (polyvalence).
La flexibilité de l’emploi a pour conséquence de fragiliser la création et l’entretien du lien social au travail.
- Le travail est certain pour le·la titulaire du C.D.I. qui peut avoir intérêt à s’investir dans l’entreprise et à tisser des liens avec les autres salarié·e·s, alors qu’il est incertain pour le C.D.D. ou l’intérimaire.
- Ainsi, la cohésion entre les salarié·e·s employé·e·s en C.D.I. et ceux·celles employé·e·s en C.D.D. ou en intérim n’est pas garantie.
Les identités au travail et les intérêts sont donc différents : il devient plus difficile de tisser des liens et défendre des intérêts communs par l’action collective.
- Serge Paugam soutient que l’intégration par le travail n’est plus assurée. Il propose une typologie des niveaux d’intégration par le travail :
l’intégration assurée ;
l’intégration incertaine ;
l’intégration laborieuse ;
l’intégration disqualifiante.